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Quand la doctrine militaire rencontre les valeurs spirituelles / Ahmed Mohamed Hamada Écrivain et analyste politique

Je ne vois pas dans l’organisation de la première édition du Prix du Chef d’État-Major Général des Armées pour la mémorisation et    la psalmodie du Saint Coran un simple événement ramadanesque organisé au sein de l’institution militaire. J’y lis plutôt un message plus profond qui renvoie à la nature même de l’armée mauritanienne et à la place qu’elle occupe dans la société.
À mes yeux, une armée ne se construit pas uniquement par l’entraînement, les équipements et les moyens techniques, aussi indispensables soient-ils. Elle se construit également par l’homme qui porte l’uniforme et par les valeurs qui orientent son comportement et donnent un sens à sa mission. C’est pourquoi les initiatives qui renforcent la dimension morale et spirituelle au sein de l’institution militaire revêtent une importance particulière : elles rappellent que la véritable force d’une armée reste intimement liée au socle de valeurs sur lequel repose la société.
Dans son allocution à l’occasion de la cérémonie de clôture de la compétition, le Chef d’État-Major Général des Armées, le général Mohamed Vall Ould Rais, a d’ailleurs insisté sur cette dimension. Il a souligné que cette initiative ne constituait pas une simple activité circonstancielle, mais l’expression d’une volonté de consolider la dimension morale et spirituelle au sein de l’armée nationale. Il a également rappelé que la construction de l’homme demeure le fondement le plus solide pour bâtir des armées fortes et capables de relever les défis. L’institution militaire, a-t-il expliqué, dans l’accomplissement de ses missions de défense de l’intégrité territoriale, de protection de la souveraineté nationale et de préservation de la stabilité du pays, puise aussi sa force dans ses références religieuses et dans les valeurs qui structurent la société mauritanienne. Le Coran, a-t-il souligné, restera toujours une source d’inspiration et un soutien moral pour les hommes et les femmes qui servent sous le drapeau.
On peut également considérer cette initiative comme une bonne tradition instaurée par le Chef d’État-Major Général des Armées, qui vient s’ajouter aux nombreuses actions menées ces dernières années pour moderniser et développer l’institution militaire à différents niveaux. Car parallèlement aux efforts de professionnalisation et de modernisation technique engagés, ce type d’initiative rappelle que le développement d’une armée ne se limite pas aux équipements ou à l’organisation, mais qu’il passe également par la formation de l’homme et par l’ancrage des valeurs qui donnent toute sa profondeur au service militaire. Dans cette perspective, ce prix apparaît comme une démarche pertinente qui pourrait, avec le temps, s’inscrire dans la durée et devenir une tradition institutionnelle, renforçant la présence du Coran dans la vie des militaires et apportant une dimension spirituelle supplémentaire au processus de modernisation que connaît l’armée.
L’organisation d’une compétition de mémorisation et de psalmodie du Coran au sein des forces armées illustre clairement cette vision. Elle établit un lien entre discipline militaire et éducation spirituelle, rappelant que le soldat n’est pas seulement appelé à défendre la patrie, mais aussi à incarner un modèle de comportement, de rigueur et d’attachement aux valeurs.
Il est également notable que cette initiative n’ait pas été limitée à une seule composante de l’institution militaire. Elle a rassemblé différentes formations et structures, tout en ouvrant la participation à l’élément féminin ainsi qu’aux étudiants d’établissements d’enseignement liés à l’institution militaire. Cette diversité des participants confère à la compétition une dimension supplémentaire, en favorisant un esprit d’émulation positive et en faisant de l’excellence dans la mémorisation et la récitation du Coran une valeur reconnue et encouragée au sein de l’armée.
Le choix du mois de Ramadan pour organiser cette initiative lui confère par ailleurs une symbolique particulière. Ce mois est profondément associé, dans la conscience collective des musulmans, à la spiritualité, à la purification intérieure et au retour aux valeurs essentielles. Il apparaît donc naturel que l’institution militaire ait choisi cette période pour promouvoir une activité qui relie le service militaire à la dimension spirituelle.
Par ailleurs, de telles initiatives contribuent également à renforcer l’image de l’armée au sein de la société. Lorsqu’elle apparaît comme un espace qui encourage les activités culturelles, religieuses et intellectuelles, l’institution militaire se rapproche davantage de la société dont elle est issue et qu’elle protège. Elle affirme ainsi qu’elle n’est pas seulement une structure de sécurité, mais aussi une composante essentielle du tissu national.
Au fond, cette compétition peut sembler modeste dans sa forme, mais elle porte en elle des significations importantes. Elle rappelle que la construction des armées ne repose pas uniquement sur la préparation opérationnelle, mais également sur la formation de l’homme qui constitue leur véritable âme. Et peut-être est-ce là la leçon essentielle : les armées qui savent conjuguer compétence professionnelle et enracinement dans les valeurs sont souvent celles qui font preuve de la plus grande résilience et du plus fort attachement à leur nation et à leur société.

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